URGENT: vers une grève des jeunes médecins?

Publié le par l'asso des internes et chefs

Ce weekend, une AG de l’ISNIH s’est tenue, qui a conduit à une menace de grève des internes. Je reviens rapidement sur le fond, vous trouverez dans le dossier "loi HPST" les communiqués de presse, dossiers explicatifs, etc…

Dans la loi HPST, 2 éléments sont condamnés par le monde médical :

1)     Réforme de la gouvernance hospitalière

Le projet de N. Sarkozy, qui vise à instaurer un patron à l’hôpital, ôte à la CME une grande partie de ses pouvoirs. Les Présidents de CME sont en effet absents du processus de contractualisation interne qui nourrit et décline le projet médical, et de la préparation du contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens qui l’encadre. Ils n’auront qui plus est qu’un simple avis à donner dans la nomination des chefs de pôle d’activité. Ceux-ci seront les interlocuteurs - dans le processus de contractualisation interne - d’un Directeur Général qui les aura nommés et leur aura accordé une délégation de gestion,… Ils estiment qu’il leur sera difficile, dans ces conditions, de véritablement coordonner la politique médicale de l’établissement et ce sous « l’autorité du Directeur ».

Dans les hôpitaux où CME et DG s’entendent, pas de problème. Mais pour tous les hôpitaux où les directions se comportent en chefs autistes, cela aura des conséquences importantes.

Les présidents et vice présidents de CME de CHU et de CH menacent de démissionner, nous pouvons faire confiance à leur sagesse et se rallier à eux sur ces points précis.

2)     Amendements attaquant le secteur II

Ces amendements, adoptés par une assemblée nationale vide (10 députés présents !), stipulent que partout où l’offre de soins en tarif opposable est jugée insuffisante, il pourra être demandé aux praticiens exerçant en clinique de faire une partie de leur activité en secteur I (% non définit… pouvant aller de 10… à 70% de l’activité). Sont donc concernés au premier chef les chirurgiens, gynécologues, anesthésistes qui exercent en secteur II en clinique dans des territoires (nature des territoires inconnue : région ? département ? canton ?) où l’offre en secteur I est par ailleurs insuffisante.

Contrairement à ce qui s’était passé pour la liberté d’installation, la cible a changé. Les conseillers de la ministre, rencontrés samedi, sont très mitigés quand à l’utilité et à la qualité de ces amendements anti secteur II, qu’ils n’ont d’ailleurs pas soutenu. Ce n’est donc pas la ministre qu’il s’agit de convaincre (il n’existe aucun moyen de supprimer un amendement d’un coup de crayon), mais les sénateurs, qui vont commencer l’examen du texte en Mai. Si le sénat vire les amendements, pas de problème. S’il les maintient, alors là nous nous mettront en grève, soutenus fortement par l’Union Des Chirurgiens de France. Une période de lobbying va donc commencer auprès des sénateurs, en particulier de la commission des affaires sociales, pour obtenir des garanties.

Ces 2 problématiques sont très différentes et ne doivent pas être traitées de la même façon.

Il est important de soutenir nos présidents de CME dans leur combat pour que le monde médical conserve une place de choix dans les prises de décision dans les hôpitaux.

Il est important de soutenir nos confrères aux spécialités techniques dont l’activité serait profondément mise en danger par les amendements. Aujourd’hui, les tarifs opposables sont tellement ridicules en chirurgie qu’un exercice exclusif en secteur I n’est pas viable. Une revalorisation des tarifs du secteur I est nécessaire pour que les dépassements d’honoraire ne soient plus indispensables.

Une nouvelle AG de l’ISNIH est programmée dans 15 jours pour faire le point sur l’avancée du lobbying et des AG qui se seront tenues dans chaque ville.

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